Journées du Collège 2003 – Dourdan VIII – 20-22 Mars – Expression embryonnaire des gènes et phénotype des maladies génétiques.

Expression embryonnaire des gènes et phénotype des maladies génétiques.

Tania Attié-Bitach**, Joëlle Auge**, Sophie Audollent**, Géraldine Mattei**,
Heather Etchevers**, Férechté Encha Razavi*, Michel Vekemans*

L’objectif de notre équipe est de réaliser une étude systématique de l’expression chez l’embryon humain de gènes impliqués dans les malformations congénitales. La cartographie temporo-spatiale de l’expression d’un gène ou d’une protéine est en effet un étape importante pour comprendre sa fonction et étudier son rôle dans les maladies génétiques. En revanche, lorsque un gène est déjà impliqué en pathologie humaine, l’étude de son expression embryonnaire permet d’établir des corrélations avec les signes de la maladie.

Depuis 1996, plus de 40 gènes ont ainsi été étudiés et ont montré un patron d’expression spécifique au cours du développement humain précoce. Par exemple, l’analyse du patron d’expression du gène JAGGED1 impliqué dans le syndrome d’Alagille ou du gène MID1 à l’origine du syndrome d’Opitz lié au chromosome X ont permis d’inclure dans le spectre malformatif de ces syndromes des signes décrits occasionnellement.

En complément de cette approche d’hybridation in situ, nous avons entamé la construction de banques d’ADNc spécifiques d’organes à différents stades précoces du développement embryonnaire humain. Vingt régions différentes de la face ont ainsi été microdisséquées à différents stades de développement humain et nous avons en d’ores et déjà entrepris la construction d’une série de banques d’ADNc dérivées des premiers stades du développement crânio-facial, en collaboration avec deux groupes américains sous l’égide du NIH. Ces expériences visent à identifier et isoler de nouveaux gènes exprimés de façon spécifiques au cours du développement de la face. Ces banques seront à nouveau validées par l’hybridation in situ de certains gènes, puis seront mises à la disposition de la communauté internationale.

Ces 2 approches complémentaires (étude de l’expression précoce des gènes, et génomique fonctionnelle du développement humain précoce) nous conduiront à identifier de nouveaux gènes responsables de malformations congénitales humaines.