Journées du Collège 2003 – Dourdan VIII – 20-22 Mars – Apport de l’hybridation in situ fluorescente sur préparations histologiques et cytologiques pour le diagnostic des lymphomes B à petites cellules *

Apport de l’hybridation in situ fluorescente sur préparations histologiques et cytologiques pour le diagnostic des lymphomes B à petites cellules *

Marc Antoine Belaud-Rotureau*

Les lymphomes B à petites cellules regroupent la leucémie lymphoïde chronique (LLC), le lymphome à cellules du manteau (LCM), le lymphome folliculaire (LF) et les lymphomes de la zone marginale (LZM). Les lymphomes B à petites cellules représentent 40 à 50 % des lymphomes non Hodgkiniens . Ce sont des pathologies graves et non curables. Leur évolution est très variable avec une médiane de survie allant de 7 ans pour la LLC à 1 an dans les formes blastoïdes des LCM . De ce fait la prise en charge thérapeutique, conditionnée par le diagnostic, varie de l’abstention thérapeutique dans les stades initiaux des LLC à l’intensification et à la greffe de moelle osseuse pour certains LCM.

Le diagnostic repose sur l’étude cytologique et histologique complétée par l’immunophénotypage. Cependant, certains cas par leur présentation atypique nécessitent d’autres investigations. Les anomalies chromosomiques constituent la principale lésion génétique dans les hémopathies malignes. Grâce au développement des techniques de caryotype en bandes, il a été démontré que certaines d’entre elles étaient clonales, récurrentes et souvent associées à un type précis d’hémopathie. Ainsi les LCM sont associés à la t(11;14)(q13;q32)(IGH-CCND1), les LF à la t(14;18)(q32;q21)(IGH-BCL-2) et les lymphomes extra-nodaux des tissus lymphoïdes associés aux muqueuses (MALT) à la t(11;18)(q21;q21)(API2-MALT1) et à la t(14;18)(q32;q21)(IGH-MALT1). L’hybridation in situ fluorescence (FISH) est une technique alternative au caryotype qui permet la recherche ciblée d’anomalies chromosomiques de nombre et de structure sur noyaux en interphase au sein de tissus frais, congelés ou fixés par le formol et inclus en paraffine.

Dans les LCM, nous avons comparé les résultats de la FISH interphasique à ceux des techniques de biologie moléculaire et d’immunohistochimie pour la détection de la t(11;14) ou de ses conséquences (hyper expression de la cycline D1 et de ses transcrits). La FISH interphasique était supérieure aux autres techniques en terme de faisabilité et de sensibilité, notamment pour des présentations cutanées inhabituelles . De même, Godon a retrouvé la t(14;18)(IGH-BCL-2) dans tous les LF étudiés alors que la PCR ne la détecte que chez 80% des patients. Ces anomalies ont également un rôle pronostique indépendant des autres critères clinico-biologiques. Ainsi, nous avons montré que la t(14;18) n’était pas retrouvée par FISH dans les LF cutanés primitifs alors qu’elle est observée dans les LF à localisation cutanée secondaire. La FISH est plus performante que l’étude moléculaire et l’absence de la t(14;18) est associée à un excellent pronostic. De même, la présence des translocations t(11;18) et t(14;18) (IGH-MALT1) dans les lymphomes du MALT est associée à un processus tumoral et à la résistance à la chimiothérapie. Nous comptons poursuivre notre travail par une étude pilote visant à évaluer la valeur diagnostique et pronostique de la cytogénétique moléculaire (FISH) dans les lymphoproliférations B à petites cellules de la peau.